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Guide parodontologie

Curetage dentaire : ce que fait vraiment le surfaçage radiculaire

Le curetage dentaire, ou surfaçage radiculaire, est le traitement de référence de la parodontite. Il ne guérit pas la maladie : il en stoppe la progression, à condition d’être suivi d’une maintenance régulière.

Mis à jour : 14 août 2026 10 min de lecture

Praticienne intervenant avec une curette et un miroir dans la bouche d’une patiente allongée

Le curetage dentaire — appelé aussi surfaçage radiculaire, ou plus justement aujourd’hui débridement radiculaire — fait partie des soins courants du cabinet dentaire. Il vise à freiner l’évolution d’une parodontite et à en prévenir l’aggravation. Il permet également de traiter un abcès localisé dans les tissus qui entourent la dent.

Son principe tient en une phrase : éliminer le tartre et le biofilm bactérien accrochés à la surface des racines, sous la gencive, là où ni la brosse à dents ni un détartrage classique ne peuvent atteindre. C’est cette accumulation sous-gingivale qui entretient l’inflammation et la destruction de l’os.

Curetage fermé et curetage ouvert

Deux techniques portent ce nom, et elles n’interviennent pas au même stade. La confusion entre les deux est fréquente : elle porte précisément sur le fait de soulever ou non la gencive.

Le curetage fermé ne comporte aucune incision : c’est ce qui le distingue du curetage ouvert, où la gencive est décollée en lambeau.
Curetage fermé (surfaçage) Curetage ouvert (chirurgie à lambeau)
Principe Instruments passés sous la gencive, sans incision Gencive incisée et écartée, assainissement à vue, sutures
Visibilité À l’aveugle : le praticien travaille au toucher Directe
Indication Première intention, toute parodontite Poches profondes persistant après réévaluation, abcès parodontal, lésion osseuse à traiter
Anesthésie Locale Locale
Suites Sensibilités, légers saignements quelques jours Œdème, sutures à retirer, cicatrisation plus longue
Le curetage fermé ne comporte aucune incision : c’est ce qui le distingue du curetage ouvert, où la gencive est décollée en lambeau.

Le curetage fermé

C’est le traitement de première intention. Sous anesthésie locale, le praticien introduit ses instruments dans les poches parodontales — les espaces qui se sont creusés entre la gencive et la racine — et nettoie méthodiquement la surface radiculaire, sans jamais décoller la gencive. Le travail se fait au toucher, ce qui explique qu’il demande du temps et de l’expérience.

Il combine des instruments manuels — les curettes, affûtées et adaptées à chaque face de dent — et des inserts à ultrasons, qui fragmentent le tartre et irriguent simultanément. Les poches peuvent être rincées à l’antiseptique en fin de séance.

À lui seul, ce traitement ne « guérit » pas une parodontite : l’os déjà perdu ne se reconstitue pas. Il fait disparaître l’inflammation, permet à la gencive de se réappliquer contre la racine et referme partiellement les poches. C’est très souvent suffisant pour stabiliser durablement la situation.

Le curetage ouvert

Il relève de la chirurgie parodontale et intervient sur les formes plus avancées, ou quand des poches profondes persistent après réévaluation. La gencive est incisée et écartée en lambeau, ce qui donne un accès direct : les tissus infectés et le tartre résiduel sont éliminés à vue, la surface osseuse peut être remodelée, puis la gencive est repositionnée et suturée. Il traite également un abcès parodontal qui ne cède pas au drainage.

Comment se déroule le traitement

Avant : la phase préparatoire

Elle conditionne le résultat, et elle repose largement sur le patient. Le praticien vérifie et corrige la technique de brossage, prescrit des brossettes interdentaires adaptées à la taille de chaque espace, et parfois un bain de bouche à la chlorhexidine pour une durée limitée. Le bilan comporte un sondage parodontal dent par dent et une imagerie, qui serviront de référence pour juger de l’efficacité du traitement.

Pendant : les séances

Le traitement se répartit généralement sur deux à quatre séances, par secteurs ou par demi-bouche, de 45 minutes à 2 heures chacune selon l’étendue de la maladie. L’acte se fait sous anesthésie locale : il n’est pas douloureux pendant sa réalisation.

Après : la réévaluation et la maintenance

Une réévaluation à six à huit semaines compare les nouvelles mesures de sondage à celles du bilan initial. Elle décide de la suite : maintenance simple si les poches se sont refermées, complément de surfaçage ou chirurgie si des poches profondes persistent.

Vient ensuite la maintenance parodontale : des séances de contrôle et de nettoyage professionnel tous les trois mois au début, espacées ensuite à six mois si la stabilité se confirme. Cette phase n’est pas facultative — c’est elle qui distingue un traitement qui tient d’un traitement qui récidive.

Les suites et les précautions

Dans les jours qui suivent, une gêne gingivale, de légers saignements et surtout une sensibilité au chaud et au froid sont fréquents. Ces manifestations sont normales et s’estompent en une à deux semaines.

L’alimentation

  • Privilégier les aliments mous les premiers jours.
  • Éviter les températures extrêmes, très chaud comme très froid, tant que dure la sensibilité.
  • Éviter les aliments à petites particules ou à peau — pop-corn, graines, fruits avec la peau — susceptibles de se loger sous la gencive.
  • Reprendre une alimentation normale progressivement, en mastiquant du côté le moins sensible.

La douleur

Le paracétamol est le premier choix en automédication. Concernant les anti-inflammatoires, un point mérite attention : l’ANSM alerte depuis 2019 sur le risque d’aggravation des infections par les AINS comme l’ibuprofène. Dans un contexte parodontal infectieux, ils ne s’utilisent pas de sa propre initiative — c’est au praticien de décider s’il les prescrit et pour combien de temps.

L’hygiène après l’intervention

  • Brossage en douceur avec une brosse à poils très souples, sans éviter les zones traitées : c’est justement là qu’il faut nettoyer.
  • Brossettes interdentaires — ou fil dentaire dans les espaces serrés — dès que le praticien l’autorise, généralement très vite.
  • Bain de bouche antiseptique si prescrit, pour une durée limitée : la chlorhexidine ne s’utilise pas au long cours, sous peine de colorations, d’altération du goût et de déséquilibre de la flore buccale.
  • Dentifrice désensibilisant en cas de sensibilité marquée aux collets.
  • Ne pas fumer : le tabac est le premier facteur d’échec du traitement parodontal, avant même l’hygiène.

Le coût et la prise en charge

Le détartrage est remboursé par l’Assurance Maladie, mais le surfaçage radiculaire reste pour l’essentiel hors nomenclature ou faiblement pris en charge. Les honoraires sont donc libres et varient sensiblement d’un cabinet à l’autre, généralement facturés par séance ou par secteur.

Demandez un devis détaillé précisant le nombre de séances prévues, ce qu’inclut le tarif — le bilan parodontal initial et la réévaluation en font-ils partie ? — et le coût des séances de maintenance ultérieures, qui s’étalent sur des années. Interrogez ensuite votre complémentaire santé : certains contrats prévoient un forfait parodontologie, beaucoup n’en prévoient aucun. Notre guide sur le prix et le remboursement détaille cette lecture.

Ce guide a une vocation informative et ne remplace pas une consultation. Les consignes remises par le praticien qui réalise le traitement priment toujours sur toute recommandation générale, et une douleur importante, un gonflement ou un saignement abondant dans les suites justifient de le recontacter.

Questions fréquentes

Quelle différence entre curetage fermé et curetage ouvert ?
Le curetage fermé — le surfaçage radiculaire — se pratique sans aucune incision : les instruments passent directement sous la gencive, dans la poche, sans que le praticien voie la surface qu’il nettoie. Le curetage ouvert est un acte chirurgical : la gencive est incisée et écartée en lambeau pour assainir à vue, puis suturée. Le premier est le traitement de première intention, le second n’intervient qu’ensuite, sur les poches profondes qui persistent.
Le curetage dentaire est-il douloureux ?
Pas pendant l’acte : il se réalise sous anesthésie locale. Dans les jours qui suivent, en revanche, des sensibilités au froid et une gêne gingivale sont fréquentes et normales. Elles s’estompent en une à deux semaines.
Combien de séances faut-il ?
Généralement deux à quatre, réparties par secteurs ou par demi-bouche, de 45 minutes à 2 heures chacune selon l’étendue de l’atteinte. Une réévaluation a lieu six à huit semaines après la dernière séance.
Pourquoi mes dents paraissent-elles plus longues après le traitement ?
C’est une conséquence normale et attendue. La gencive gonflée par l’inflammation reprend son volume réel une fois assainie : elle se rétracte, découvrant une partie de la racine. Des espaces noirs peuvent apparaître entre les dents et la sensibilité au froid augmenter. Ce n’est pas une aggravation, c’est la mesure de ce que la maladie avait déjà détruit.
Des antibiotiques sont-ils nécessaires après un curetage ?
Pas systématiquement, contrairement à une idée répandue. L’efficacité du traitement repose sur l’assainissement mécanique. Une antibiothérapie ne s’ajoute que sur indication : forme agressive à progression rapide, abcès, ou terrain médical particulier — l’antibioprophylaxie relevant, elle, d’une logique différente chez les patients à risque d’endocardite.
Le curetage est-il remboursé ?
Le détartrage l’est, mais le surfaçage radiculaire reste hors nomenclature ou faiblement pris en charge, sauf situations particulières. Les honoraires sont donc libres et varient sensiblement d’un cabinet à l’autre. Demandez un devis détaillé mentionnant le nombre de séances prévues, et interrogez votre complémentaire avant de commencer.